La veille est, selon Daniel Rouach :

L’art de repérer, collecter, traiter, stocker des informations et des signaux pertinents qui vont irriguer l’entreprise à tous les niveaux de rentabilité, permettre d’orienter le futur (technologique, commercial…) et également de protéger le présent et l’avenir face aux attaques de la concurrence. La veille se pratique dans la légalité et le respect des règles de déontologie.

En effet, la veille est un art qui nécessite dans chaque étape des connaissances et un savoir-faire. Le tout dans le respect d’une déontologie résumé dans la netiquette.

Repérer et collecter l’information

Le niveau d’information recherché dépend de la fonction (métier) et du niveau hiérarchique dans l’entreprise (niveau politique, niveau stratégique, niveau opérationnel) à qui elle est destinée. C’est pourquoi le choix de la personne chargée de la veille est important. Hormis son intitulé de poste, elle doit avoir les compétences et une sensibilisation aux risques de l’entreprise pour rechercher des informations politiques et stratégiques. Et plus spécifiquement, elles doivent avoir les connaissances suffisantes pour gérer une veille Métier.

Pour faire une veille, on dispose d’une large palette de source d’informations des plus techniques, spécialisées aux plus générales. L’important est qu’elles soient appropriées et l’information disponible. Sur ce thème, on désigne accessibilité par les expressions suivantes :

  • Informations blanches : l’information est facilement accessible.
  • Informations grises : elles sont disponibles indirectement ou de manière détournée (légalement). Cela peut être par une demande préalable, par le biais d’un spécialiste “accrédité” à y accéder…
  • Informations noires : elles ne sont pas accessibles et sont protégées, car elles rentrent dans le cadre de la sécurité (de l’entreprise, de l’Etat…).

Traiter l’information

Dans tous les cas, pour être une information, celle-ci doit être vérifiée soit par un expert, soit par recoupements. Ne l’oublions pas, les qualités d’une information sont d’être à jour, vraie, utile et disponible. Les informations qui ne sauraient être complément vérifiées devront être écartées ou signalées comme telles.

L’information doit être utile, c’est-à-dire qu’elle doit permettre de prendre une décision et d’agir en connaissance de cause.

Stocker l’information

L’information est stockée si elle n’est pas immédiatement utile ou qu’elle entre dans une étude à moyen ou long terme (benchmark, évolution d’un phénomène…). Elle est aussi stockée si son archivage a un intérêt.

Diffuser l’information

Faut-il tout transmettre à tout le monde ? Cette question est peu souvent soulevée dans l’entreprise, en particulier dans les TPE/TPI, et les moyennes entreprises. Les résultats de la veille sur une période est généralement transmise via un mail à l’ensemble du personnel. Or, si on peut considérer que l’information est transmise, certains membres du personnel n’auront pas l’occasion de lire ce mail (soit par manque de temps, soit par manque d’intérêt…).

Si la veille est une commande, ses résultats doivent parvenir au commanditaire à temps et sous une forme appropriée.

Ainsi, si recueillir des informations est aujourd’hui facile, en l’occurrence grâce à Internet, c’est le tri des informations pour leur pertinence et leur qualité Métier, ainsi que leur traitement et exploitation qui nécessitent un savoir-faire et un niveau d’appréhension de l’entreprise. C’est ce qui en fait de la veille un art qui ne peut être confié à toute personne dans l’entreprise.